• Ce matin là

     

      Ce matin là

        Ce matin là, en posant mon pied sur ce sentier, à l'orée du bois, je n'imaginais pas à quel point le spectacle allait être merveilleux. La chaleur est déjà présente en ce milieu de matinée, et le ru qui roucoule donne une légère fraîcheur. Le soleil se faufile entre les feuilles et fait chatoyer les verts.

      Je m'avance sur ce sentier caillouteux, bordé d'arbres, de buissons ; une légère montée, et toujours ce ru qui roucoule sur ma gauche. Quelques chants d'oiseaux m'accompagnent mais j'ai beau chercher, je ne distingue pas leurs auteurs, car la végétation est dense; je surveille aussi mes pas, la pente augmente...

     

      Le ru qui roucoulait tout à l'heure s'est élargi pendant ma promenade, son chant s'est accentué et transformé en grondement. Je découvre autour de moi des amoncellements de rochers gris et roux, des lichens, des fougères accrochées ça et là. Et me voici sur une passerelle, sous mes pieds, le torrent roule son écume blanche sur les cailloux, et arrose la végétation aux alentours, de milliers de gouttelettes.

      L'ascension commence ! La passerelle suivante est accrochée à flanc de rochers; il me faut me baisser pour avancer. Des cascades se succèdent, jaillissent en jetant leur écume comme un dragon son feu. Le grondement du torrent s'accentue, et en baissant les yeux, je découvre des gouffres inquiétants mais pourtant si clairs, remplis d'eau transparente telle un miroir. Cette eau, où va-t-elle? Elle a tracé sa route depuis tant d'années, creusé dans le schiste son lit; parfois des troncs d’arbres viennent lui faire barrage ; elle n'en a cure, elle joue à saute-tronc, elle avance, et moi, je monte, je monte...

      Je vous l'avais dit: le spectacle est merveilleux ! Le parcours est pourtant angoissant; je suis à vingt cinq mètres au- dessus du vide sur quelques planches...

    Au terme de mon ascension, entre les parois de la montagne, s'est glissé un énorme rocher, coincé, pour l'éternité ; on dirait qu'il protège cette cascade ; elle jaillit avec force, avec détermination, s'offrant aux regards des aventureux promeneurs.

      La faille continue, mais je suis arrivée au bout du sentier autorisé. Il faut repartir, faire demi-tour, à regret. Je descends sans crainte, plus lentement, pour m'imprégner à jamais de toutes ces images dont la nature me fait cadeau comme pour me remercier de l'admirer.

      Je ressens au fond de moi, le calme, le bien-être, la zenitude. Est-ce le bruit de l'eau, sa fraîcheur, la végétation, ces sapins si immenses qu'on n'en voit pas la cime, la marche, l'effort fourni ou tout à la fois ?

      Je me sens vivante dans ce paysage, mais si petite...

     

    Lilou

     


       
     

    Revue de l’atelier « virtuel » d’écriture « LE CLAVIER LIBRE »  N°01 – Avril  2012

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