• Moins cher que moins cher

     

    La page du jour de Jules Hostouley -  28/01/2014
     Posté le: 28 janvier 2014 

    Moins cher que moins cher

    Petites réflexions en ces temps de crise. Malgré la crise nous ne réformons pas  nos habitudes d'acheteur et de consommateur. Toujours le moins cher possible et, si possible en grande quantité. Regardons un domaine que je connais bien : Les outils de jardinage.

    Les outils de nos grand-parents étaient très solides mais aussi très chers.
    La preuve: ils ne nous laissaient jamais les utiliser. De crainte que nous cassions le manche. Aujourd'hui, les aciers sont encore de meilleur qualité qu'autrefois.
    Et ils le seront encore plus dans l'avenir. Et on peut fabriquer des outils encore plus solides que ceux des anciens. Mais il faut , mettre le prix qu'il faut. Les consommateurs que nous sommes, ont été habitués à acheter tout au moins cher possible. Mais la qualité est à la hauteur du prix et inversement. Nos grand-parents quand ils achetaient une bêche, par exemple, se rendaient dans l'unique grande quincaillerie du chef-lieu de canton, dans le bourg voisin.  Ils demandaient une bêche et le vendeur leur apportait souvent l'unique modèle en magasin. Nos grand-parents ne s'inquiétaient du prix qu'au moment de passer à la caisse. Ils avaient de toute façon grand besoin de cet outil et ils savaient que celui-ci leur ferait de l'usage pendant des années, voire pendant des décennies.
    Et comme les prix ne variaient que très peu, à l'époque, ils avaient en permanence le souvenir du prix réel. Aujourd'hui, si on doit acheter une bêche, on consulte les montagnes de pub déposées dans les boites aux lettres. On fait le tour des jardineries, des grandes surfaces, à la recherche du moins cher que moins cher.  Tout en évitant le petit magasin du vrai professionnel. Et on achète un outil à 9€99 , par exemple . Très important çà 9€99...On n'a pas payé 10€00! La belle affaire! Et par la suite on s'étonne que l'outil commence à rouiller au bout de quelques mois; que le manche perd sa rectitude à la fin de la saison; que l'outil se démanche au bout d'un an ou deux; qu'une dent casse ou se tord sur un effort un peu plus violent. Il en est ainsi pour tous nos achats. La faute en est aux consommateurs que nous sommes (et dont je fais partie); toujours à la recherche d'un produit le moins cher possible. A chaque promo de grande surface, on s'encombre d'objets ou de produits de faible qualité, que l'on n'utilisera jamais, pour la plupart. Mais on a l'impression d'avoir gagné de l'argent. Il nous faut des grandes maisons pour stocker tous ces achats. Si l'on n'achetait que des produits de bonne qualité, à un prix raisonnable, mais forcément plus couteux, que tout ce qui se vend habituellement, on rentabiliserait cet achat couteux sur un temps forcément plus long mais finalement rentable à long terme.
    On n'aurait plus besoin d'importer ces produits à bas cout fabriqués par un personnel bas de gamme, dans des pays encore sous-développés.. On restaurerait des emplois manuels de qualité qui se sont exportés en Chine , par exemple.  Et la Chine pourrait enfin travailler à plein pour son marché intérieur.  Car seul 10% de la population chinoise profite, pour l'instant, pleinement du boum économique de ce pays..
    Les Chinois, peuple très ingénieux, très courageux, très travailleurs, n'ont pas besoin qu'on leur ouvre notre marché de produits bas-de-gamme, pour faire tourner leurs usines.
    Du coup, ils se contentent de produire bas-de-gamme, pas cher et en grand nombre.
    Ils ne cherchent donc pas à faire plus de qualité et par voie de conséquence à proposer des salaires plus attractifs à leurs employés. Ils le feront un jour ou l'autre, n'en doutez pas; mais ceci n'est pas encore d'actualité.  Cela représente une menace politique grave pour ce pays; les populations rurales très nombreuses et tenues à l'écart de cette expansion fabuleuse, ne se contenteront pas toujours d'être les spectateurs d'une société urbaine qui profite pleinement de cette réussite. Comme le Maghreb en a fait  récemment la démonstration, qui peut encore parier pour un avenir serein  de la Chine, dans les conditions où une partie très importante de sa population est laissée pour compte.
    Six mois avant, personne n'avait pronostiqué la chute du mur de Berlin.
    Et le monde n'a pas encore fini de tourner...Loin s'en faut!


    Quand la Chine s'éveillera.....................

      

     

     

     

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