• Une trop maigre récolte de sel deux années de suite

    Une trop maigre récolte de sel deux années de suite 
      
    Une trop maigre récolte de sel deux années de suite
      

      
    La récolte de sel a été abondante en 2005. Depuis, ce sont plutôt les mauvaises années qui s'accumulent.

      L'été a été pluvieux
    . Résultat : la récolte de sel ne dépassera pas 10 % d'une production moyenne. À Noirmoutier, on appelle à l'aide. À Guérande, on est plus serein.
    Les producteurs coopératifs de Noirmoutier, qui ont vendu l'essentiel de leurs récoltes précédentes à Aquasel, une filiale du groupe laitier Eurial, sont à la peine. « Notre filière est en danger. Est-ce qu'on sera là l'an prochain ? Je ne sais pas », affirme Philippe Naud, président de la Coopérative des producteurs de sel noirmoutrine. D'où son appel au gouvernement et aux collectivités locales « pour maintenir les gens dans les marais ».
    Les producteurs coopératifs guérandais, plus gros et mieux structurés, sont moins inquiets.
     D'autant que leur coopé commercialise aussi leurs produits et les paie au fur et à mesure des ventes de sel stocké. « Nous ne sommes pas soucieux.
    Toutefois, une troisième année mauvaise, ça deviendrait préoccupant »,
    reconnaît Marie-Thérère Haumont, présidente de la coopé Les Salines de Guérande.
    • Deux années maussades. Et après ? À Noirmoutier, les coopérateurs produisent en moyenne 1 500 tonnes de sel par an.
     En 2008, quelque 135 t ont été récoltées. Soit 9 % d'une année moyenne. « À Guérande, on n'aura pas plus de 1 000 t à 1 200 t de sel », explique Marie-Thérèse Haumont.
     En temps normal, c'est près de 10 000 t. Les professionnels l'ont d'autant plus saumâtre que l'année 2007 n'était déjà pas fameuse : 450 t à Noirmoutier au lieu de 1 500 t.
    Heureusement, les bonnes années, comme 2003 et 2005, ont pu remplir les salorges... et les bourses. Lors de ces deux étés fastes, environ 30 000 t d'or blanc ont été engrangées à Guérande. Chacun espère maintenant une année 2009 convenable.
    • Où et comment produit-on du sel marin ?
     
    Dans la région, on récolte du sel à Guérande et Noirmoutier.
    Mais aussi dans le Marais breton et le Marais d'Olonne. Les îles de Ré et d'Oléron sont, avec le Golfe du Morbihan, les autres sites de production proches.
    Le sel, à partir de l'eau de mer drainée, est travaillé et récolté dans des quadrilatères, les oeillets.
    « Un oeillet fait 70 mètres carrés, l'équivalent d'un appartement T3 », commente un producteur. Pour se cristalliser après évaporation, le sel a besoin de soleil et de vent.
    • La saliculture, où ailleurs en France ?
    Dans le Midi, bien sûr. Par exemple à Salin-de-Giraud, en bordure de Camargue ou aux Salins d'Hyères (Var). Sur les rivages de la Méditerranée, la saliculture n'est toutefois pas artisanale et manuelle comme dans l'Ouest, mais fortement mécanisée.
    • Combien de sauniers et paludiers ?
    Les producteurs sont appelés sauniers ou paludiers, selon qu'ils exploitent au sud ou au nord de la Loire. À Noirmoutier, 120 sauniers exploitent quelque 3 300 oeillets.
    Dans la presqu'île guérandaise, les paludiers cultivent près de 11 000 oeillets. 187 producteurs, soit les deux tiers des producteurs guérandais, adhèrent à la coopérative.
    Les autres sont indépendants.
    • Qui sont les paysans du sel ?
     
    À Noirmoutier, entre trente à quarante producteurs tirent l'essentiel ou la totalité de leur revenu de l'or blanc. Ils sont près de cent dans ce cas à Guérande. Le revenu complémentaire provient d'activités comme éleveur de moutons, producteur de pommes de terre, maçon, enseignant, retraité...
    « On a même un saunier qui conduit le métro parisien », fait remarquer Philippe Naud. Des producteurs, minoritaires en nombre, n'adhèrent pas aux coopératives : ils récoltent près de 30 % du sel guérandais. Une vingtaine d'indépendants oeuvrent à Noirmoutier.
    • Les stocks sont-ils suffisants ?
     « Notre coopérative a mis en place une gestion des stocks qui nous permet de ne pas être dépendants des aléas climatiques »,
    explique la responsable guérandaise. Selon les catégories de sel (label rouge pour la qualité supérieure, sel agricole, sel de tradition), Guérande « possède d'un an à trois ans et demi de stock ». Aquasel a pour sa part trois ans de stock. Le sel de l'Ouest ne manquera pas sur les étals et les assiettes.
    crayon
    Gaspard NORRITO.  mercredi 01 octobre 2008
    Arrow http://www.ouest-france.fr/Une-trop-maigre-recolte-de-sel-deux-annees-de-su…
    crayon

    crayon
    Bonsoir
    Vous êtes le sel de la terre. Si ce sel perd sa saveur, avec quoi la salera-t-on ? Ce sel ne vaut plus rien : il n’est bon qu’à être jeté dehors et piétiné.( parole d'évangile)
    Encore un dur métier soumis aux intempéries et à ce climat un peu déréglé.
    WS

      Une conversation à continuer ici......... 

       
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